Comment aider les abeilles au jardin ?


Il existe, en France, près de 1000 espèces d’abeilles !

Poser une ruche rendra service à 1 espèce sur 1000 : l’abeille dite domestique : Apis mellifera.

Qu’en est-il de toutes les autres espèces, toutes les abeilles « sauvages » ? Qu’en est-il de tous les autres pollinisateurs dont on ne parle pas ?


POURQUOI AIDER LES ABEILLES ?

Plus de 75% de nos plantes cultivées et plus de 80% des plantes à fleurs (soit plus de 80% de la biodiversité végétale) dépendent des services rendus par les « pollinisateurs ».

Aujourd’hui ces pollinisateurs sont sérieusement menacés et vivent un déclin sans précédent :
Plus de 40% des pollinisateurs invertébrés sont menacés d’extinction.

Leurs extinctions conduiraient à des conséquences désastreuses autant pour nos cultures que pour l’équilibre et la bonne santé de nos écosystèmes, et par extension de notre propre santé.

ABEILLES DOMESTIQUES ET ABEILLES SAUVAGES :

-Nous sommes encore trop nombreux à penser qu’il n’existe qu’une espèce d’abeille en France, celle qui fait du miel (Apis mellifera), en réalité, nous avons plus de 900 autres espèces d’abeilles en France que nous ne connaissons que trop peu. 25 000 à l’échelle du monde.

-Ces abeilles sauvages sont souvent appelées « abeilles solitaires », car la grande majorité d’entre elles ne vivent pas en colonie. Cependant, certaines vivent également en « communauté », à l’image des bourdons qui réalisent une colonie annuelle (1) (2).

-Les abeilles sauvages sont parfois meilleures pollinisatrices que les abeilles domestique : l’osmie polliniserait entre 80 et 120 fois mieux qu’une abeille domestique. Ces dernières étant parmi les premières pollinisatrices à s’activer dans l’année, dès début mars. Les bourdons commencent également tôt car ils sont capables de polliniser malgré un mauvais temps (pluie, vent, froid) alors que les abeilles domestiques ne seraient pas encore de sortie.

-Certaines abeilles sauvages pollinisent des plantes que l’abeille domestique ne pourrait pas féconder, à l’image des tomates qui dépendent de la pollinisation des bourdons par leur technique caractéristique de faire vibrer leurs ailes pour libérer le pollen.

-Certains pollinisateurs sont spécialisés dans une seule espèce de plantes, une symbiose qui conduirait à l’extinction des deux espèces si l’une d’entre elle venait à disparaître : à l’image de l’anthocope du pavot qui a besoin du coquelicot ou du blastophage/agaonide qui pollinise le figuier.

-70% des abeilles sauvages sont fouisseuses : C’est à dire qu’elles nichent dans le sol et non pas dans une ruche. Chacune à des caractéristiques et des habitats différents, il y en a des minuscules, et des très grosses, certaines nichent dans le bois, d’autres dans le sable, dans la terre à nue, dans des terriers, dans la terre végétalisée etc..

-Dans les 30% des abeilles sauvages restant, de nombreuses nichent hors sol :

Il y en a qui utilisent les cavités crées par d’autres insectes comme les xylophages qui creusent le bois, d’autres encore dans des tiges creuses (abeilles caulicoles), dans les tiges à moelle (abeille rubicoles) et enfin d’autres dans des interstices, cavités, fissures de rochers, murets en pierre sèche, façades non rénovées etc

Les osmies bicolores n’utilisent par exemple que des coquilles d’escargots!

Il existe également de nombreuses espèces d’abeilles dites « coucou » car elles parasitent les autres abeilles.

POLLINISATEURS = ABEILLES ?

Les abeilles ne sont pas les seuls pollinisateurs, et bien qu’elles soient connus pour être les plus efficaces, de nombreuses plantes n’existeraient plus sans les autres pollinisateurs.

Qui sont-ils ?

Les lépidoptères (papillons) jouent un rôle majeur dans la pollinisation de certaines plantes.Qu’il s’agisse des papillons de jours que l’on observe extraire le nectar grâce à leurs longues trompes qui leur permettent d’accéder à cette ressource que les abeilles ne pourraient pas prélever sans appendice, mais aussi les papillons de nuit qui pollinisent dans l’ombre .

Les coléoptères (cétoine dorée, la trichie commune, oedemere noble, etc..), les fourmis, les guêpes, les diptères (dont les Syrphidae), les mites sont tout autant de pollinisateurs indispensables à protéger.

À l’échelle de la planète on pourrait rajouter bien d’autres espèces insoupçonnées : les oiseaux, les lézards, les chauves souris, les singes, les écureuils,…

POURQUOI LES ABEILLES ET AUTRES POLLINISATEURS SONT EN FORT DÉCLIN ?

Une combinaison de facteurs :

  • Destruction des habitats / urbanisation massive / artificialisation des milieux
    Intensification de l’agriculture – généralisation de la monoculture – développement des cultures non pollinifères -disparition des bocages, des prairies
  • Labours et fauches précoces détruisant les nidifications dans le sol des « fouisseurs »
  • Aseptisation des jardins – gazon tondus à ras, peu végétalisé, absence de zones sauvages.
  • Raréfaction des ressources alimentaires et de la diversité végétale
  • Utilisation massive de pesticides, insecticides, fongicides, herbicides et autres biocides.
  • Développement de maladies / virus / parasites
  • Réchauffement climatique
  • Pollution de l’eau, des sols
  • Concurrence avec les abeilles domestiques-l’apiculture industrielle

COMMENT AIDER LES ABEILLES ET POLLINISATEURS AU JARDIN ?

  • Bannir tous produits chimiques au jardin
  • Végétaliser : semer, planter, des fleurs mellifères, prairies fleuries, des aromates, au jardin, au balcon, à la fenêtre, sur les terrasses, sur les toits.
  • Diversifier les essences, les strates végétales : Planter des arbustes, haies et arbres à floraisons échelonnées afin de procurer des ressources tout au long de l’année.
  • Évitez les plantes exotiques/ les formes modifiées (cultivars horticoles) car leur pollen et nectar ne sont souvent pas adaptés aux pollinisateurs locaux. De même attention où vous vous achetez vos fleurs car nombre d’entre elles sont traitées pour assurer les transports et les ventes…
  • Fournir une zone d’herbes hautes, de plantes sauvages spontanées / Limitez les tontes :
  • Apologie des herbes hautes :
  • Proposer des tas de terre, de bois, de sable, de pierre au jardin pour les 80% d’abeilles sauvages dites fouisseuses.
  • Proposer des nichoirs / hôtel à insectes monospécifique (oublier les hôtel à insectes géant-tout en un) : fagots de tiges creuses (roseaux, bambou, joncs,…) & à moelles (sureau, mûre, églantier, …) pour certaines abeilles qui nichent « hors sol » dont les osmies. Bûches percées de trous variés de 1 à 10 mm de diamètre, briques munies de petits trous, etc..
  • Créer une zone « maigre », une zone humide.
  • Ne pas concurrencer les pollinisateurs sauvages en plaçant trop de ruche dans un même secteur
  • Accueillir les papillons au jardin
  • Proposer du bois mort au jardin, paradis pour la biodiversité :
  • Proposer une haie sèche au jardin :
  • (1)Connaître et aider le bourdon des champs
  • (2)Connaître et aider le bourdon des prés

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