« Faute de Grives, on mange des Merles »


Tout savoir sur les oiseaux dans les expressions françaises!

Faute de grives, on mange des merles !

Qu’est-ce que ça veut dire ?

A défaut d’avoir le meilleur, on fait avec ce que l’on a.

Quel est l’origine de cette expression ?

L’origine est culinaire. La grive est depuis longtemps consommée et connue pour sa chaire tendre et parfumée. Elle peut être cuisinée de milles et une façon et le pâté et la terrine ont été au menu pendant des siècles.
Leur régime alimentaire variée et leur consommation de fruits et de graines à l’automne participent probablement à ces saveurs, du moins c’est ce que disent les chefs cuisto. Ils parlent notamment de l’influence, sur le goût de la chair, des baies de genièvres avalées par les grives draines et litornes, alors que les musiciennes elles trouveraient leurs goûts dans le raisin qu’elles consomment. Ce qui a donné naissance à une autre expression « Saoul comme une grive! »

Cette origine culinaire traduit une co-évolution proche avec ces oiseaux depuis des siècles mais aussi, de fait, nos coutumes de chasse envers ces oiseaux.

Aujourd’hui encore, les grives sont chassées pour être cuisinées, et on peut s’attendre à ce que les merles aussi …Faute de grives, on mange des merles !

Des oiseaux en déclin :

La grive musicienne, draine, litorne et mauvis sont aujourd’hui cependant en déclin en France :

-6% depuis 18 ans pour la grive musicienne, bien qu’une augmentation modérée soit estimée en Europe
+6% en 18 ans même augmentation estimée pour le merle noir.
-20 % depuis 1989 pour la grive draine
-65 % depuis 2001 pour la grive litorne
45% sur la période 2000-2014 pour les populations hivernales de grive mauvis d’après la LPO.

Source : Vigie-Nature

La chasse n’est pas l’élément premier responsable de ce déclin, mais fait partie des facteurs aggravants.


Il convient de rechercher la source dans les épandages massifs de biocides, la destruction des habitats et les changements climatiques.
Cependant si on peut limiter la chasse sur les espèces sensibles ça aiderait au maintien voir aux rebonds des populations. Tout en réglant les autres sources de déclin en parallèle bien sur.

Les exemples dans la littérature :

Pour n’en citer qu’un : Honoré de Balzac dans « splendeurs et misères des courtisanes » disait déjà en 1844 :  » en politique comme en mer, il y a des calmes trompeurs. Corentin était donc tombé dans une inaction absolue. Dans cette situation, un vrai chasseur, pour s’entretenir la main, faute de grives, tue des merles. Domitien, lui, tuait des mouches, fautes de chrétiens »

Les autres expressions française avec les oiseaux vues par PermaFaune :



👉Sur la photo de gauche : une grive musicienne et ses lombrics
👉Sur la photo de droite : un merle noir mâle et ses lombrics

– Morbihan – France-Juin 2021

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