Connaissez-vous les solutions pour aider les Hirondelles rustique ?


Plongez 5 minutes, au cours de ce récit, dans la vie de cette jeune hirondelle rustique à peine sortie du nid, découvrez ce qui l’attend, les problèmes qu’elle va rencontrer et les moyens que vous avez pour l’aider à votre échelle :

Je suis né, auprès de 4 frères et sœurs, dans un nid qui a été construit en 12 jours par mes parents, à raison de 1058 voyages pour ramener 2237 brindilles, 222 grammes de boues, auxquels on ajoute 200 grammes de salive sécrétée pour obtenir la recette d’un nid douillé et sécurisé. Placé sous le plafond, il tiens par la force de ce dernier ingrédient et du mélange « terre-paille » sur une poutre d’une étable où les animaux nous ont tenus chauds au début du printemps.

Il y a quelques jours mes parents ont cesser de nous apporter de la nourriture au nid…affamés mais n’ayant pas eu de cours pour apprendre à voler, nous avons du sauter dans le vide pour essayer de rejoindre nos parents qui nous attendaient le bec plein à l’entrée de l’étable.

Bientôt je vais devoir me nourrir seule.
Heureusement, d’ici la fin de l’été, nous allons nous regrouper par centaines avec les voisines pour nous préparer au grand départ.
Ce qui facilitera la recherche de nourriture.
Mais je ne trouverai jamais plus autant d’insectes qu’en trouvaient mes parents et leurs parents avant eux…

Pourquoi ?

Parce que les haies dans les champs d’à côté ont disparues, au profit d’un champ immense en monoculture, parce que le marais un peu plus au nord a aussi disparu, tout comme de nombreuses zones humides au profit de grands parkings, de zones industrielles, de villes qui s’agrandissent…
L’artificialisation des milieux, l’intensification et l’industrialisation de l’agriculture font disparaître les insectes volants dont je me nourris (hyménoptères, diptères, lépidoptères, odonates, ..).

L’utilisation massive de biocides (herbicides, pesticides, insecticides, fongicides) dans les champs, dans les parcs, mais aussi dans les vergers et jardins des particuliers accélère drastiquement la chute de ces insectes.

Pourtant, je vais devoir faire le plein de forces car la date de la grande migration vers l’Afrique approche…

Je vais devoir traverser la méditerranée pendant des jours sans me poser, faire face aux orages et aux tempêtes potentielles qui déciment chaque année des milliers d’entre nous.

Si je survis à la traversée de la mer, je devrais encore affronter la traversée de l’interminable et effrayant désert du Sahara, tout aussi meurtrier.

Si je survis encore, il faut encore que ma zone d’hivernage d’Afrique m’offre suffisamment d’insectes, que le climat ne soit pas trop rude, et que j’esquive tous les prédateurs qui m’attendent tout du long de mon périple.
Alors je devrais encore faire le chemin retour, ces 5000km, chaque printemps, pour venir nicher en France, à l’endroit exact où je suis né (oui j’ai cartographié le nid de mes parents avant mon grand voyage!)

Et là, j’aurai besoin que vous ayez changé votre consommation pour retrouver une agriculture paysanne favorable à la vie entomofaune (insectes), pour limiter l’avancée du béton qui fait disparaître chaque année un peu plus la boue dont j’ai besoin pour construire mon nid.

Je remercierai les éleveurs (poules, moutons, vaches, chevaux,…) qui penseront à moi si ils rénovent leurs hangars/bâtis, afin que je puisse toujours rentrer et sortir à ma guise pour faire mon nid et nourrir ma nichée dans ces lieux que je préfère.
(trou de ~20cm diamètre pour entrer/sortir de la bâtisse, qui rendra aussi service à la chouette effraie et la chevêche)

Je féliciterais encore plus ceux qui s’engagent pour retrouver un élevage extensif de qualité qui nous rendait de grands services.

Je compte aussi sur les particuliers qui peuvent aussi me faire un accès à leurs garages, granges, vieilles bâtisses, local, tout en sachant que je préférerai m’installer au delà de 2mètres de haut, sur une poutre en bois non traité au plafond, avec rien en dessous pour empêcher l’accès de tout prédateurs.

Je compte sur vous pour trouver de la boue dans vos jardins ou à proximité pour faire mon nid. Ce qui ne se trouvera pas si les jardins et les allées sont couvertes de béton ou de pelouse artificielle.
Une mare ou bassin avec une un tas de terre fera très bien faire l’affaire ! Et aidera du même coup mes cousines hirondelles des fenêtres qui nichent sous vos toits!

En parallèle proposez moi un jardin vivant, qui regorgent d’insectes pour me nourrir, en suivant les conseils simples, efficaces et peu coûteux de PermaFaune pour ramenez la vie dans vos jardins.

Les propriétaires de chats peuvent nous donner un coup de main en limitant les sorties de ces derniers pendant la période de reproduction.

Pour éviter la concurrence des moineaux et troglodytes qui s’accaparent parfois nos nids, vous pouvez simplement leur proposer des nichoirs adaptés à leur espèce !

Ceux qui n’ont pas de jardins ou de bâtis pour m’accueillir, peuvent tout autant m’aider en repérant les lieux où je nidifie et en sensibilisant les propriétaires sur l’intérêt de maintenir un accès de l’hirondelle à son nid tout du long de la reproduction (trop d’entre nous voient encore les portes des granges, garages se fermer alors que nos petits nous attendent dedans…)

Vous pouvez aussi sensibiliser les nombreux propriétaires qui détruisent encore nos nids simplement parce qu’on laisse des fientes derrières nous…
Rappelez leur que nous sommes une espèce protégée par la loi et qu’il est donc interdit de détruire nos nids…

D’autres personnes nous aident aussi beaucoup, sans rien avoir, juste en comptant nos nids, chaque printemps/été, et en transmettant leurs observations à aux associations de protection de la nature.
Cela permet aux scientifiques et associations de mieux connaître les dynamiques de nos populations et donc de mieux mettre en place des projet de conservation, protection et sensibilisation !

Il existe donc de nombreux moyens de nous aider, et il est urgent de le faire car déjà 41% des nôtres ont disparus ces 10 dernières années en France…

Nous avons toujours cohabité à vos côtés, depuis l’âge préhistorique, dans les cavernes, puis dans vos huttes et chaumières jusque dans vos fermes et aujourd’hui vos bâtisses car vous avez toujours était synonyme de ressources en nourriture et lieu de nidification.
Aujourd’hui vos jardins et vos maisons ne nous l’offrent plus suffisamment…et n’avons pas d’alternatives alors nous déclinons…

Il est encore temps de réapprendre à cohabiter pour inverser la tendance !

Merci.

Hirondelle rustique juvénile – France – Morbihan – Juin 2021

Source :


P. Géroudet / La hulotte / LPO / La Salamandre /

Retrouvez notre article sur le retours des différentes hirondelles et les moyens pour les aider :


Pour avoir un jardin vivant :

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