Nouvelle année et nouvel oiseau découvert pour la Guyane 🥳



Ce 1er janvier 2026, lors d’un séjour de découverte des oiseaux de Guyane pour 2 nouveaux arrivants, c’est un nouvel oiseau jamais observé sur la région des Guyanes (Suriname, Guyana et Guyane) qui s’est invité dans nos jumelles :

📋Le Viréo à gorge jaune (Vireo flavifrons) – Yellow-throated vireo



🟡⚪⚫Une petite merveille à la poitrine et aux belles lunettes jaune vif contrastant avec le ventre blanc, ses barres alaires blanches entourées de gris et de noir et le manteau olive, dans le prolongement des couleurs de la tête, où l’on appercoit un bec légèrement crochu.

Ce dernier servira à la capture d’une large gamme d’invertébrés qui composeront l’essentiel de son alimentation, avec une tendance qui semble se dégager pour les lépidoptères (chenilles et adultes). Des fruits et autres matières végétales completeraient le régime.

Un grand migrateur :

Cet oiseau vit et se reproduit à l’Est de l’Amérique du Nord, jusqu’au Canada, puis une fois la période de reproduction passée, il va réaliser de longues migrations jusqu’au Sud des États Unis, l’Amérique centrale, les Antilles, et au plus loin pour l’instant, jusqu’au nord de l’Amérique du sud (Colombie, Venezuela,.).
Mais il semble que, cette année, cet individu (et peut-être d’autres !) aient ajouté 1000 kilomètres de plus pour arriver jusqu’à la Guyane.
Pour un oiseau de 13-14 cm et de 15 à 20 grammes seulement, qui a déjà fait plusieurs milliers de kilomètres potentiellement
Bien que ce soit la première mention, il est possible que d’autres avant lui soient déjà venus passer l’hiver dans nos régions, et que d’autres après lui le feront.

Il y a aussi une petite chance qu’il s’agisse d’un comportement isolé : certains individus, (chez les oiseaux, comme chez tous les animaux), font preuve d’innovation et réalisent de nouveaux comportements, tentent de nouvelles choses, choisissent de nouvelles routes, de nouvelles proies, de nouveaux lieux de nidification, créent de nouveaux partenariats, s’établissent dans nouveaux milieux, etc. Ces nouveaux comportements leur ont permis de s’adapter et d’évoluer à mesure que les changements dans leurs habitats se manifestent au fil des siècles. Et ces innovations n’ont peut-être jamais été aussi importantes de nos jours avec les changements extrêmement rapides et radicaux par delà la planète.

Dans quelques mois, courant mars potentiellement, il y a des chances qu’il soit déjà reparti en Amérique du nord pour aller se reproduire. Ils voyagent à priori en solitaire, de jour comme de nuit, et, en bon météorologue, ils analysent les passages de fronts et attendent les conditions favorables de vent et de temps pour faciliter leur navigation.

Arrivés pour le printemps, ils ne tarderont pas à chercher un partenaire avec qui ils passeront la saison de reproduction. À peine les couples formés, le nid est très vite construit. Une tâche qui prendra une semaine et sera débutée par le mâle avant d’être rejoint et relayé par la femelle. Une fois terminé, 4 œufs seront souvent posés et les deux adultes alterneront l’incubation, la femelle seule prend la garde de nuit. Les rôles restent partagés pour le nourrissage des jeunes, et, étonnamment, les adultes partageraient les jeunes oisillons lors de leur envol, et chacun des adultes continuera à nourrir sa moitié de portée de son côté !

Mais…. ça ne se passe pas toujours comme prévu…

Le vacher à tête brune (Molothrus ater), partage avec ses « cousins » guyanais (Vacher luisant & Vacher géant) le comportement de parasitage de nichées.
C’est-à-dire qu’il ne construit pas de nid et ne s’occupe pas de ses jeunes mais va plutôt pondre ses œufs dans le nid d’autres oiseaux, et leur laisse le soin de les couver et d’élever ses jeunes. Notre Viréo est une « victime » régulière de ces comportements. Quand le stratagème est reconnu par les parents Viréos, ils vont tenter de chasser l’intrus, ou si les œufs sont déjà posés, les enterrés au fond du nid, voir abandonner le nid. Mais il semble qu’un bon nombre de fois, les œufs intrus soient acceptés et les jeunes adoptifs élevés.
Et ce régulièrement au prix de la perte de leurs propres jeunes, car les Vachers ont tendance à détruire les œufs des Viréos pour augmenter les chances de leurs propres oisillons à venir.
Ici encore, on a encore bien du mal à mesurer toute la complexité des mécanismes à l’œuvre dans ces questions de parasitage de nichées, comme chez les Coucous en France. Entre autres la question principale : pourquoi les parents acceptent quand même les œufs intrus et finissent par élever des jeunes qui ne sont pas les leurs.
Une humilité et une prudence de mise dans nos tentatives de compréhension du vivant, des modes de vie, des adaptations, des caractéristiques….
Une prudence donc à prendre, comme il nous semble toujours important de le rappeler, lorsque vous lisez, comme ici, des informations sur les animaux qui nous entourent.

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