Cette photo a été réalisée lors de notre dernière mission d’inventaire naturaliste et création d’un livre sur la Faune terrestre de l’île de Guam à Raja Ampat
📖Livre disponible au Raja Ampat Biodiversity Nature Resort
Les secrets du bec et de la langue du Cacatoès noir :
Il possède l’un des plus grands becs de l’ordre des Psittaciformes (proportionnellement à sa taille). Mais la force brute du bec s’avère insuffisante pour venir à bout de certaines noix qu’il convoite. Son bec n’est pas un simple outil « aveugle ». Scientifiquement, il est décrit comme un organe d’exploration tactile actif. Avant même de presser, l’oiseau tapote et palpe l’objet pour analyser la texture, la dureté et localiser les points de faiblesses et micro-fissures de la coque, grâce à de nombreux capteurs appelés corpuscules de Herbst et corpuscules de Grandry, situés à l’extrémité du bec.
De plus, l’oiseau va s’aider de sa langue unique :
En parallèle de la « cartographie » extérieure réalisée grâce au bec, la noix est insérée dans le bec, et l’oiseau utilise la forme concave de sa langue pour caler la noix et la pousser fermement contre les encoches rugueuses de sa mâchoire supérieure. La langue, dotée d’un système musculaire unique (l’appareil hyoïdien hyper-développé), fait pivoter la noix avec précision pour la présenter sous le meilleur angle. Puis, la mandibule inférieure, tranchante comme un rasoir, entame la coque en un point précis en exerçant une pression ciblée. L’extrémité noire et cornée de la langue qui s’avère être très rigide. Elle va agir comme une spatule ou un levier et s’infiltre dans la fente créée pour détacher et extraire la graine oléagineuse par un mouvement de succion. Étant truffée de corpuscules de Herbst et de Grandry, la langue ressent la moindre micro-vibration ou le moindre glissement de la noix, permettant aux muscles du bec de corriger l’angle de pression très rapidement.
Des joues colorées qui révèlent d’étonnantes fonctions :
La peau nue des joues change de couleur par vasodilatation (afflux sanguin dans les capillaires de surface). C’est un indicateur direct de l’état émotionnel (parade, stress) et de la régulation thermique de l’oiseau. Elle passe d’un blanc-rosé à un rouge écarlate en fonction de la situation.
Un constructeur et joueur de percussion :
On pourrait facilement croire que c’est leurs majestueuses crêtes, qui se classe sans problème parmi les plus impressionnantes de tous les oiseaux, qui est leur arme fatale pour les parades nuptiales. Et pourtant, les recherches récentes nous apprennent que ces perroquets font partie de ceux capables de construire et utiliser des outils : ils construisent des « baguettes de percussion » et/ou ajustent des gousses de graines pour ensuite créer des percussions intervalles sont hautement réguliers et prédictibles.Il est possible que les outils construits soient ajustés en fonction d’un tronc d’arbre creux précis, qui servira de site de nidification. La percussion fait résonner la cavité, doublée de vocalises de parades du mâles pour attirer et convaincre la femelle. Ils semblent même capables d’ajuster leurs instruments de musique en fonction du retour de son que leur offre la cavité, comme s’ils étaient à la recherche d’un son bien spécifique.La percussion est un comportement presque exclusivement réservé aux mâles, et chaque mâle possède sa propre signature rythmique. Elle s’inscrit dans un rituel de parade complexe comprenant des vocalisations, le rougissement des joues, le déploiement de la huppe et des mouvements d’ailes.De nouvelles études passionnantes sont en cours pour nous aider à mieux comprendre les rôles et les mécanismes de percussion au sein des parades nuptiales
Palm Cockatoo -Probosciger aterrimus – Cacatoès noir


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