L’origine du venin :
En consommant des proies toxiques, en particulier des coléoptères et des millipèdes, le loris va stocker puis recycler les toxines afin de les utiliser à son propre compte par la suite.
Elles peuvent également provenir de sources végétales par l’ingestion de sèves et résines toxiques. La quantité et la sévérité du venin de chaque Loris varie donc et dépend étroitement de son régime alimentaire.
Après avoir été absorbé et modifié par l’organisme du Loris, le venin va ensuite être disponible sous forme de sécrétion localisée sur la glande brachiale, sous son bras.
L’animal va la prélever en se léchant, condition nécessaire pour que le venin soit activé, grâce à des composants de sa salive.

Ses fonctions :
Il aurait une fonction défensive contre les prédateurs et contre les ectoparasites, mais jouerait également un rôle très important dans la défense du territoire, des ressources, des zones de repos, des jeunes et des partenaires.
En effet, les altercations pour l’utilisation de l’espace sont fréquentes, et de nombreux loris se retrouvent ainsi blessés par leurs congénères.
Comme (presque) tous mammifères, les Loris lent laissent derrière eux des messages olfactifs, afin de baliser leurs territoires et transmettre des informations diverses aux autres Loris environnants (informations d’identité, disponibilité pour se reproduire, ou encore ici en l’occurrence, des données sur la quantité de venin présent au sein de l’individu afin de dissuader un potentiel rival de disputer le territoire.)
Une façon de protéger leurs jeunes : Les loris ont été observés enduisant les jeunes de cette sécrétion afin de dissuader les prédateurs aussi gros que les Ours malais jusqu’aux petites sangsues et tiques.
Ce venin tue facilement un micro mammifères et peut provoquer de sévères réactions et allergies chez des animaux plus gros comme les humains.
Par ailleurs, les Loris mangent une grande diversité de matières végétales et animales, et certaines grosses proies comme des oiseaux, lézards, chauves souris et tarsier pourrait-être plus facile à consommer grâce au venin, mais cela n’a pas (encore) été prouvé, et il semble que leur mâchoires puissantes et leurs dents acérées suffisent pour en venir à bout.

Un avenir compromis
Chaque année des milliers d’individus sont capturés dans leurs milieux naturels pour être vendus sur les marchés locaux (comme nous avons pu nous même l’observer au Laos), mais aussi sur les marchés internationaux ou directement en ligne. Ils deviennent des animaux de compagnie alors que se sont des animaux nocturnes extrêmement sensibles au dérangement et à la manipulation et finissent, à l’unanimité, malades et hautement stressés. Afin qu’ils ne mordent pas les trafiquants et leurs futurs propriétaires, on leur arrache bien souvent les dents avec des outils sommaires et sans anesthésie. D’autres sont utilisés dans certaines médecines asiatiques traditionnelles dont les croyances en des vertus thérapeutiques mènent à l’utilisation et la transformation de plusieurs partie de l’animal.
Enfin, la disparition et la fragmentation de leur habitat menacent tous les individus restants à l’état sauvage, alors que les forêts riches et diversifiées se réduisent drastiquement au profit des plantations, des mines, extension de zones urbaines et autres utilisations anthropiques de l’espace.
Philippine slow loris – Nycticebus menagensis – Borneo – Sabah


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